Enquête publique du « LIEN »: avis défavorable pour les écologistes
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Suite à la découverte d’autres espèces à protéger sur le site du projet routier du LIEN, une nouvelle enquête publique est ouverte depuis le 23 juillet, pour une demande de dérogation aux interdictions relatives aux espèces protégées.

   Aujourd’hui, se termine cette enquête. Une enquête qui a été ouverte en catimini, en plein cœur de l’été avec des délais très court, soit 2 semaines.

Les écologistes dénoncent ces méthodes qui ne permettent pas au plus grand nombre de participer.
Alors que la défiance envers les pouvoirs publics n’a jamais été aussi forte, il n’est plus acceptable de ne pas consulter plus largement nos concitoyen-es, de limiter leur contribution.

   Au-delà de la méthode, c’est évidemment la continuation de ce projet écocide que nous, écologistes, dénonçons.

   Avec cette demande de dérogation additionnelle pour l’aménagement de la RD 68 LIEN, force est de constater une nouvelle fois que nous avons affaire à un projet qui est prêt à porter gravement atteinte à la biodiversité pour répondre à des logiques du passé.

   Rappelons que ce projet part du postulat que le seul mode de déplacement envisageable est la voiture individuelle. En témoigne l’absence de réflexion globale sur les mobilités : aucune étude de solutions alternatives à la voiture n’a été réalisée pour ce secteur.
Comment peut-on alors évaluer l’utilité d’un tel projet ?
Une chose est pourtant certaine : plus de routes signifie systématiquement plus de voitures à très court terme et une saturation du trafic à moyen terme. Le doublement de l’A9 dans notre métropole en témoigne déjà.
A l’heure où le dérèglement climatique global devient dramatiquement perceptible, comment peut-on encore favoriser les modes de déplacement les plus énergivores ?
Les premiers extraits du sixième rapport du GIEC, qui paraîtra lundi, sont pourtant édifiants : la situation est encore pire que ce que nous avions imaginé. Il est urgent de changer de modèle à l’instar du Pays de Galles qui vient de renoncer à tout nouveau projet routier.

   C’est donc dans le cadre d’un projet dont l’utilité n’a jamais été démontrée et qui favorise à coup sûr le changement climatique, que la biodiversité se trouve très fortement impactée. Comment peut-on continuer à déroger à la protection d’espèces protégées à l’heure où la biodiversité est en chute libre ?
En atteste le bilan publié en mars dernier par le comité français de l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature), le Muséum d’Histoire Naturelle et l’Office Français de la Biodiversité : presque 20% des espèces en France sont menacées de disparition, près de 200 ont disparu du territoire depuis 2008.
Comment dès lors comprendre pourquoi la conception du projet de RD 68 LIEN n’a jamais sérieusement pris en compte la séquence ERC (éviter-réduire-compenser) telle que précisée dans de nombreuses textes officiels (lois, décrets et arrêtés) depuis les années 2000 ? Eviter y est toujours présenté comme LA priorité : or avec cette nouvelle demande de dérogation nous ne pouvons que constater que l’évitement n’est aucunement envisagé malgré les atteintes à la biodiversité, atteintes que personne ne conteste. Comme trop souvent, les concepteurs n’ont retenu que le C de la séquence avec en-tête l’idée qu’après tout éviter ou compenser revenait à la même chose pour le bilan final.
Rien n’est plus faux : la destruction d’un écosystème local est de toute façon irréversible, son équilibre toujours fragile ne peut en aucun cas être recréé ex-nihilo. Les mesures de compensation sont par définition insuffisantes et discutables. Or, rappelons-le, il s’agit ici d’espèces protégées.
Non content d’être inutile et polluant, le projet de RD 68 LIEN devrait être autorisé à impacter fortement les habitats d’espèces protégées ? Nous ne pouvons l’accepter.

   Alors qu’au cœur de l’été, nombre de citoyen.e subissent le dérèglement climatique, les écologistes émettent un avis défavorable à ce projet d’un autre siècle, destructeur de terres naturelles, de biodiversité, émetteur de CO2.

Pour le groupe local EELV Montpellier
Odile de Charentenay et Michel Julier

Pour le groupe des élu-es écologistes de la ville de Montpellier
Coralie Mantion et Stephane Jouault

Une réflexion au sujet de “Enquête publique du « LIEN »: avis défavorable pour les écologistes

  1. Bonsoir, je viens de regarder sur google maps pour voir un peu mieux le projet, je connais bien la zone est mis à part le passage du pont de Grabels je ne vois pas trop d’autres complications majeures. Donc de là à ce que le département décide seul ! de l’intérêt de ce projet je ne vois pas trop, il va sur le compte d’une urbanisation galopante détruire à nouveau un biotop (déjà fragilisé), engager de grosses sommes inutilement alors que même les élus et les administrés des communes concernées sont contre (nuisances visuels et auditives).
    De plus si je me souvient bien des départementales existent déjà au départ de St Gély, ainsi un raccord entre celle le plus au sud de Combaillaux et l’échangeur de l’A750 est tout à fait possible.
    Maintenant peut être que le département veut à nouveau jouer la carte du m’as-tu-vu afin d’épater les touristes et les élus régionaux au détriment de l’avis public et de la préservation de l’environnement.

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