Indignation suite à l’agression de Christian Puech
Partager

EELV Montpellier, choqué et révolté, fait part de son indignation suite à l’agression de Christian Puech, grand défenseur de notre patrimoine commun.

Lundi Christian Puech, 76 ans, figure régionale incontournable de l’écologie a été frappé et laissé pour mort alors qu’il défendait, comme à son habitude, notre patrimoine commun. Cette lâcheté ne doit pas rester sans réaction. Au-delà du « fait divers » qui appelle des suites pénales dissuasives, cette agression révèle la lutte avec un modèle qui résiste au changement, et doit urgemment laisser la place.  
 
 
Difficile pour Sylvain, autre membre du groupe local à l’origine du cliché lors de la marche pour le Climat (09/05/21), d’imaginer que la personne , littéralement, derrière ce portrait a eu milles vies : écrivain, aventurier, peintre, ethnographe, militant associatif, photographe de renom, vie en immersion avec les peuples premiers…y compris en Amazonie, où foisonne une biodiversité à préserver de toute urgence.

Aujourd’hui, le fil conducteur de cette vie singulière, la préservation du patrimoine de l’humanité, a une résonance particulière. Une résonance qui donne la migraine, à l’image de ce coup lâche porté en pleine mâchoire à Christian. Un coup et plus rien. Puis, un réveil, seul, étendu à côté d’un tas de déchets déversés là à quelques mètres de chez lui et de la mer. Son tort ? Avoir voulu dénoncer un flagrant délit de pollution à Montbazin. Ironie du sort, pour le porte-voix des peuples « en voie d’extinction par destruction de leur lieu de vie ».

Mais peut-on parler de coïncidence ? Christian le sait bien : partout dans le monde, défendre le patrimoine commun tue. Tous les ans environ 200 défenseur.se.s de l’environnement sont retrouvé.e.s mort.e.s à travers le monde, et bien davantage encore menacé.e.s, harcelé.e.s et mutilé.es dans leur chair et leur terre. Une injustice à son paroxysme en Amazonie avec 33 personnes tué.e.s rien qu’en 2019. Hier, en menant bataille face aux pollueurs, avec son appareil photo pour seule arme, Christian est passé du statut de défenseur à celui de victime. Tristement courant. Magnifiquement révoltant.
Comment pourrait-il en être autrement ? Comment le sentiment d’impunité des pollueurs et autres anti-écolos notoires pourrait décroitre quand les écologistes, simple militants et élu.e.s, sont caricaturés (« Hamish », « bobo », «khmer vert ») et vilipendés par nos propres gouvernants ? Ce n’est pas un hasard si Christian a exprimé son inquiétude pour les peuples d’Amazonie au cœur d’une marche montpelliéraine appelant à édicter une Loi Climat substantielle, contrairement à celle finalement adoptée au parlement. C’était par exemple l’opportunité de prendre des dispositions ambitieuses sur la forêt. On est loin du compte !

L’enquête dira si oui ou non l’agresseur de Christian avait des motivations économiques, mais il semble qu’on ne déverse pas des déchets en pleine nature par pure idéologie. Il faut que cette option soit définitivement bannie des esprits, et que la dégradation volontaire et consciente de notre habitat naturel devienne une circonstance aggravante dans les peines délictuelle. Que des travaux d’intérêt généraux de dépollution, suffisamment longs et dissuasifs, soient imposés pour ne plus avoir envie d’y revenir.

Pour ne pas laisser gagner le cynisme l’emporter, nous vous proposons de soutenir l’association « TÉMOINS AU BOUT DU MONDE » que Christian porte pour soutenir les peuples premiers, trop souvent victimes du « monde moderne » (déforestation, expropriation, maladies importées dont le Covid).
Soutenons également le combat législatif qui consiste à mettre le climat et les droits de la nature dans la constitution française, pour donner une valeur intrinsèque à celle-ci.
Enfin, soutenons l’entrée dans la législation européenne du crime d’Ecocide pour punir les pollutions de grande ampleur comme le propose les eurodéputés écologistes.