[Conseil de Métropole] 23 novembre 2020 – Affaires et interventions des élu-es écologistes
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110 projets d’affaires étaient soumis au vote des conseiller-es métropolitain-es ce lundi 23 novembre. Les textes de ces affaires sont consultables en ligne: Affaires 1 à 59 et Affaires 60 à 113 (NB: retrait en séance des affaires 39, 46 et 106).

Intervention de François Vasquez – Affaire n°16 – Présentation de l’étude préalable à la mise en oeuvre de la tarification incitative des déchets

Victor Hugo a écrit : « Qu’y a-t-il au-dessus de la justice, l’équité »
La mise en place d’une tarification incitative des déchets sera une nouvelle façon de calculer notre taxe sur les ordures ménagères. Je précise, la confusion est souvent entendue, qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe, mais d’une taxe qui récompense le geste de tri, donc d’une taxe équitable. La tarification incitative n’est pas une mesure qu’on impose mais une mesure qui s’impose pour des raisons environnementales et économiques. Ce n’est pas une mesure qu’on applique mais une mesure qu’on explique en vue d’une adhésion la plus large possible. En effet, notre engagement dans la politique zéro déchet et les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés nous sont dictés par l’urgence climatique, la pollution de l’air, des sols et de l’eau et le renchérissement permanent et dorénavant insupportable des coûts d’élimination des déchets ultimes. Vous connaissez notre projet de généralisation du tri des bio déchets à la source, privilégiant le compostage, pour lequel nous avons répondu à l’appel à projet de l’ADEME et de la région Occitanie le 16 Octobre dernier. Vous avez été informés de l’engagement de notre deuxième programme local de prévention des déchets qui nous permettra de réduire significativement la production de ses derniers. La tarification incitative constituera un troisième levier, complémentaire et indispensable, à actionner une fois les équipements et les services mis à disposition.
Une étude permettant d’accompagner la collectivité a donc été demandée.
1• Elle permettra de proposer des grilles tarifaires, des modalités de facturation, au poids, au volume, à la levée ou un mix….et d’envisager la planification en matière d’organisation des services et des moyens techniques et humains à déployer. D’un montant de 40 000€ elle est éligible aux aides financières de l’ADEME et de la Région Occitanie.
2• Elle s’établira lors d’une large concertation avec les élus locaux et la population et arrivera ainsi en bouclage de la mise en place de notre politique. Le lancement aujourd’hui, de l’étude de la tarification incitative s’inscrit dans le cadre de la semaine Européenne de la réduction des déchets et positionnera notre Métropole en leader national sur cette grande ambition et ce large projet.


Intervention de Coralie Mantion (affaire n°31) – Urbanisation de Cambacéres

J’entends déjà la levée de bouclier contre cette délibération. Et les attaques que nous, le groupe des écologistes, allons subir.

Mais nous avons toujours été très clairs sur cette affaire: entre le dédoublement de l’A9 (qui a détruit des centaines de terres agricoles et naturelles, qui a engendré une augmentation du trafic automobile, qui n’a pas résorbé les bouchons à l’entrée de Montpellier), et la Gare Sud de France qui est un gouffre financier et inutile, le sud-ouest de Montpellier a été abîmé, détruit. Notre objectif est donc très simple sur ce projet : il est de limiter les dégâts de l’artificialisation déjà enclenchée sur ce secteur par les mandatures précédentes.

Contrairement à ce que certains pensent, nous ne nous sommes pas vendus pour quelques places, nous n’avons pas cherché à aller au plus offrant mais nous avons travaillé sur un projet commun avec le Parti Socialiste, Michael Delafosse et ses partenaires. Parce que c’est cela aussi la politique: c’est dialoguer, échanger, trouver un compromis.

Donc oui, nous avons accepté d’urbaniser environ 25 hectares entre la gare et Odysseum car ces terres étaient déjà viabilisées : terrassement, route et réseaux posés. Et que ça crée une connexion entre ces deux lieux. Mais c’est bien grâce à nous, les écologistes que ce sont pas moins de 130 hectares de terres naturelles et agricoles dans ce quartier qui seront préservées. Car il n’est pas question de continuer à détruire la ceinture verte de Montpellier qui est primordiale pour un mieux vivre dans la métropole. De plus, nous ré-affirmons ici qu’il n’y aura pas de logements dans ce quartier même si certaine déplore le manque de mixité fonctionnelle ou d’autre s’exprime dans la presse. Il n’y aura pas de logements, quels qu’ils soient, étudiants ou sociaux à Cambacérès. Car nous sommes dans la zone la plus polluée de Montpellier. Il serait donc irresponsable de loger des habitant-es dans cette zone. En dehors de la ZAC 1, nous sommes en train de travailler avec les diverses équipes pour préserver les espaces naturels et recréer un corridor écologique qui irait de la plaine de Mauguio jusqu’au Lez.

C’est cela notre projet :  une métropole qui protège ses habitant-es, qui protège ses espaces naturels et agricoles, une métropole plus verte, une métropole résiliente.


Intervention de Bruno Paternot (affaire n°47) – Ouverture dominicale des commerces de détail pour l’année 2021

Je tiens, au nom de tous-tes les écologistes de cette assemblée à vous remercier pour les mesures d’urgence que nous venons de prendre et que nous prenons à chaque Conseil Métropolitain depuis que le CODIV19 affame et force la fermeture de nos beaux commerces.

Oui, après avoir été interpellé sur le caractère potentiellement réducteur de l’expression « petit commerce », je décide de faire la distinction entre la GRANDE distribution et le BEAU commerce : celui qui est local, celui qui est de qualité, celui qui éthique et qui cherche à satisfaire tout le monde, pas à nous faire dé-penser ou con-sommer. Je parle d’Aline, ma libraire. Je parle de Damien au Locavorium à Saint-Jean-de-Védas ou Elie à la Cagette, je parle de Tonton Pizza à Jacou. Ce beau commerce dont on connaît le nom du commerçant et dont la commerçante connait nos goûts et nos envies. La ville de Montpellier en parle si bien dans le clip jesoutiensmescommercants.montpellier.fr

Nous aidons le beau commerce à la métropole (et je l’ai souligné en début de séance), en trouvant des aides légales et responsables : exonération de loyer, participation aux dispositifs régionaux, aide aux travaux ou au matériel… Innovons encore pour trouver d’autres façons de vitaliser les centres-villes du lundi au samedi. Du lundi au samedi.

L’écologie politique, c’est privilégier la vie et le collectif sur l’individu et sur la consommation. L’écologie c’est garder des temps de liberté grâce à nos droits sociaux. Et pas grâce au maire.

Les dimanches du maire ! Cette coutume, tout comme feue l’amnistie présidentielle n’est pas dans l’ADN des écologistes. Nous pensons que la loi est la même pour tous et toutes et qu’elle ne doit pas varier selon les bons vouloirs d’un ou d’une maire et créer ainsi une concurrence libre et non faussée entre les territoires. Si le maire de Lattes autorise son Carrefour à ouvrir 12 dimanches par an, pourquoi le maire de Perols n’autoriserait pas son Auchan à ouvrir aussi ? Car, lisons bien cette délibération, à qui profite-t-elle : l’électroménager-TV-Hifi, l’équipement de la personne (c’est à dire les grands magasins internationaux de prêt-à-porter chinois), l’automobile.

La métropole, si elle est innovante, sociale et écologiste, n’a pas à aider les méga complexes mais bien à aider ses beaux commerces, ceux qui sont aussi aidés par la Région qui incite à acheter « dans ma zone ».

Monsieur le Président, je vous fais une lettre car vous nous avez dit que vous donneriez le nom d’un bâtiment à la montpelliéraine Juliette Greco. Je vous propose donc, en adoptant cette délibération, de baptiser Juliette Greco un nouvel Hyper-Marché.  

Tous les jours de la semaine / sont vides et sonnent creux / Bien pire que la semaine / Y a le dimanche prétentieux / Qui veut paraitre rose et jouer les généreux/ Le dimanche qui s’impose / comme un jour bien heureux. Je hais les dimanches, je hais les dimanches. (Juliette Greco)


Intervention de Celia Serrano – Affaire n°89 – Convention de partenariat avec le cirque sans animaux Bouglione

J’ai l’honneur de présenter la convention de partenariat qui lie la Métropole à la société de production de la famille Bouglione.

Nous ne pouvons plus accepter d’animaux dans des cirques. Nous connaissons les conditions de rétention des animaux, les séances de dressage qu’ils subissent, le transport qu’induit les tournées : nous ne pouvons en aucun cas parler de bien-être animal. Nous ne pouvons plus venir nous divertir sous les yeux d’animaux, sauvages comme domestiques. Leur place n’est pas devant nous sous un chapiteau.

C’est une première sur le territoire national : nous serons la première Métropole à accueillir l’écocirque Bouglione, premier cirque traditionnel ne proposant aucun spectacle avec des animaux. Enfin si, ils seront en hologrammes.

Cet écocirque propose des numéros populaires dans la tradition du cirque à l’ancienne avec des artistes, musiciens et une fabuleuse musicienne, des funambules, trapézistes, jongleurs et contorsionnistes dans des numéros innovants. Le village de cet écocirque est constitué de conteneurs maritimes recyclés, accueillant des associations de protection animale et de protection de la biodiversité. L’écocirque s’engage également, grâce à un partenariat privé, de planter un arbre pour chaque place de spectacle achetée par le public scolaire. Conférences et ateliers sont prévus et mais soumis malheureusement aux conditions sanitaires. Toutes ces animations familiales seront évidemment gratuites.

Le cirque est installé, les artistes répètent, la création est en cours. La famille Bouglione a su se réinventer et nous propose de nous divertir autrement, dans le respect de tous les êtres vivants. Espérons maintenant que les conditions sanitaires nous permettront d’assister à ces représentations, et de pouvoir passer ainsi de beaux dimanches en famille!